Une marche historique pour notre pays

POUR QUE L’HISTOIRE NE SE RÉPÈTE PAS !

 

(voir texte du discours et l’appel -ICI- de Bernard Leycuras, prononcé à l’issue de la marche, à la garde de Déportation de Bobigny)

 

La Première Marche de Vie en France a dépassé toutes les attentes.

 

Ils étaient plus de 400 participants, venus des 4 coins de France, mais également d’Allemagne, de Suisse, du Luxembourg et d’Irlande du Nord pour marcher entre la cité de la Muette de Drancy et la gare de déportation de Bobigny. C’est d’ici que la majorité des 74.000 Juifs déportés, entassés dans des wagons à marchandises,  ont été expédiés directement aux camps d’extermination, principalement à Auschwitz, où la plupart périrent dans les chambres à gaz.

 

Une large mobilisation qui réunissait des élus locaux et nationaux, des membres de diverses confessions chrétiennes et de la communauté juive, avec le soutien actif de l’AFMA (Association Fonds Mémoire Auschwitz).

 

Lors des commémorations sur les sites de Drancy et de Bobigny, Jobst Bittner, fondateur du mouvement Marche de Vie, a pris la parole, suivi de Ido Bromberg, représentant de l’Ambassade d’Israël.

 

« À l’heure où le négationnisme retrouve de la force en Europe et ailleurs, vous rappelez par cette marche, les horreurs qui ont été commises durant la Shoah et vous témoignez du triomphe de la vie sur ces sombres souvenirs.

 Les enfants cachés qui sont parmi nous aujourd’hui, doivent éprouver un certain réconfort à voir des chrétiens, motivés par un esprit de réconciliation, leur témoigner une amitié sincère.

 Cette marche nous parle du passé et se tourne vers le futur en prenant publiquement position contre cette haine des Juifs qui aujourd’hui comme hier est animée par les mêmes sombres desseins. » Ido Bromberg.

 

Puis  Philippe Dallier, sénateur de Saint-Denis, Stéphane Paoli, maire de Bobigny, Robert Baxter, pasteur principal de l’église Le Bon Berger à Saint-Denis et Bernard Leycuras, président d’Objectif France, ont appelé à faire face à la montée de l’antisémitisme moderne et à agir avec détermination pour que l’histoire ne se répète pas, plusieurs rappelant la forte contribution de la France aux opérations de déportation.

 

La réaction spontanée du rabbin de Drancy, Yves Ammar Haïm: «Ce qui est extraordinaire pour moi aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les mots bien intentionnés de mémoire que nous avons entendus, mais que vos paroles viennent du cœur et touchent les cœurs».

 

Trouvant des mots justes que n’ont eu ni leurs pères ni leurs grands-pères, des descendants de soldats de la Wehrmacht ont fondu en larmes à cause de l’implication de leur famille dans les atrocités infligés au peuple français, et aux Juifs en particuliers. Ils ont  brisé « la chape du silence ».

 

La guérison. Sylvie et Jacques ont pu dire, émus et reconnaissants: « Le bruit des bottes des militaires et le son de la langue allemande avaient laissé une trace profonde dans nos familles, avec la peur permanente de faire face aux violences et aux menaces. Votre demande de pardon a comme brisé les actes de vos pères et grands-pères, et nous a apporté la guérison aujourd’hui ».

 

Solennité et émotion. L’événement s’est achevé par deux temps forts:

  • le chant « Dis-leur » composé pour la marche du 9 juillet par Samuel Olivier, auteur-compositeur descendant « d’enfant caché », chanté par lui et dansé sur les rails par le groupe allemand « Y dance »;

 

Suite à ce moment intense de recueillement, Stéphanie Dutertre, présidente de Marche-De-Vie-France, a ouvert un temps d’hommage de grande intensité. Tous les drapeaux de pays de Juifs étrangers déportés de France ont été appelés, puis toutes les régions et villes des participants à la marche, et chacun a pu déposer sur les rails une rose ou un œillet blanc: quelle solennité dans ce défilé « incessant », dans cette procession de mémoire et d’amour!

 

  • l’appel de Jobst Bittner et Bernard Leycuras à se positionner aux côtés d’Israël, selon les mots bibliques de Genèse 12 v. 3; les drapeaux français et allemand ont symboliquement entouré le drapeau israélien au milieu des participants décidés à briser la chape du silence: non, nous ne soumettrons pas aux intimidations; oui, nous dirons que nous aimons Israël, libres de le dire et hors toute considération politique dans laquelle certains voudraient nous enfermer.

 

Des rafraichissements offerts par la municipalité de Bobigny ont conclu la journée. Les « marcheurs » ont pu visiter les stands dédiés à l’évènement: –les aquarelles de L’artiste Cendrine Bonami Redler sur la gare de déportation de Bobigny; – un choix varié de livres sur la thématique du souvenir de la Shoah, présentés par l’AFMA; – le « livre d’Hannah » présenté par l’auteur Yves Pinguilly et l’illustrateur Marc Majewski; – enfin, le livre « Briser la chape du silence » présenté pour la 1ère fois dans sa version française par son auteur Jobst Bittner.

 

Une première marche réussie. Elle sera suivie de beaucoup d’autres… À suivre, avec beaucoup d’intérêt!

 

Merci Seigneur pour tous les signes de Ta présence pendant cette marche, et jusqu’à la météo favorable alors que le pire était annoncé : quelques gouttes « sèches » sur le trajet, comme des larmes du Père qui se souvient ; puis le déluge, quand tout était fini, à la nuit, comme l’annonce du grand nettoyage qui commence dans notre nation (dans la presse : « « Un déluge comme il n’y en a pas eu  depuis 1800 est tombé dans la capitale dans la nuit du 9 au 10 juillet 2017″)

 

Merci Seigneur pour la mémoire vivante, pour le souvenir et les hommages qui sont rendus en justice devant Toi, et pour la vérité dévoilée sur notre pays, et pour la révélation puissante de Ton grand nom qui vient et qui va se répandre sur Ton peuple !

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